02 mars 2009
Guillon/Aphatie : Sous les mots, les chiffres !
La polémique entre l'humoriste de France Inter et le journaliste politique de RTL masque un duel acharné entre les deux stations.
La semaine dernière, les petites phrases ont fusé et les oreilles ont sifflé. Jean-Michel Aphatie, l'interviewer politique de RTL, et Stéphane Guillon, l'humoriste matinal de France Inter, ont échangé une flopée d'amabilités. Le premier critiquait ouvertement une chronique du second remontant au 17 février et consacrée à Dominique Strauss-Kahn. Guillon avait alors conseillé à toutes les salariées de la station publique de se cacher avant l'arrivée dans les studios du président du FMI, récemment mis en cause dans une affaire d'adultère. Quelques minutes plus tard, DSK s'est ému en direct d'un humour qui est "principalement de la méchanceté".
Un avis partagé par Jean-Michel Aphatie qui, quelques jours après, expliquait sur son blog que "Guillon est tout simplement méchant. Chez lui, les mots sont des balles, il est direct et carré, il veut faire mal, il fait mal, c'est son boulot, c'est son emploi, il le remplit." La réplique ne s'est pas fait attendre. Dès le lendemain, le snipper lui répondait (assez violemment d'ailleurs) à l'antenne : "Il faut comprendre ses aigreurs et ses complexes ! (...) Nous, à France Inter, on ne dézingue jamais RTL. Eddy Merckx ne critiquait pas Poulidor." L'humoriste transformait habilement cette polémique en un duel entre deux concurrents directs.
Aphatie a perdu 200 000 auditeurs
Car en effet derrière cette passe d'armes se dissimule une bataille acharnée pour le leadership entre 7h50 et 8h00. Largement en tête ces deux dernières saisons, L'invité de RTL se fait grignoter depuis la rentrée des parts de marché sur ce quart d'heure stratégique (qui devance le pic d'audience de 8h/8h15). Jean-Michel Aphatie a perdu presque 200 000 auditeurs en un an tandis qu'au même moment France Inter et Europe 1 en ont gagné chacune 200 000. Pis, malgré ses 1,766 million d'auditeurs, le quart d'heure politique de la rue Bayard a été devancé lors de la dernière vague par L'humeur de Stéphane Guillon qui compte désormais 1,868 millions de fidèles. L'évolution de l'audience n'arrange certainement pas les affaires d'IP France, la régie de RTL, qui commercialise son spot de 30s entre 7h30 et 8h00 17 300 € brut H.T., contre 15 800 € brut un an plus tôt. La perte d'audience ne justifiant plus frocément la hausse tarifaire (IP justifie cela en raison de l'absence de pub sur France Inter). Bref, la poussée de Guillon énerve non seulement l'interviewer Apathie, mais également l'ensemble de la rue Bayard.
Article publié dans le CB N° 1003 (2 mars 2009)
08:20 Publié dans A la Une, Focus, In the press, La phrase qui tue, Le chiffre du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : radio, médias, publicité, rtl, audiences, chiffre, polémique, france inter
12 février 2009
Non, les César ne boudent pas les comédies
Pas content du tout, le Dany Boon. Le Ch'ti ne se remet que son film ne soit nommé qu'une seule fois aux César 2008 (dans la catégorie meilleur scénario) alors qu'il a réuni en salle 20,5 millions de personnes, un record absolu pour un film français.
Du coup, Dany Boon boycottera la cérémonie et demande la création d'un César de la meilleure comédie. Curieuse idée. Pourquoi devrait-on juger les comédies différemment des autres films? C'est même limite condescendant...
Effectivement, on peut déplorer la quasi absence au palmarès d'Asterix Mission Cléopâtre, 8 Femmes, Podium et des Ch'tis mais c’est le propre des prix que d’être injustes. Et, contrairement à ce dit Dany Boon, les comédies sont très régulièrement primées et notamment leurs acteurs/actrices et leurs scénaristes (voir liste d'exemples ci-dessous). Les votants plébiscitent surtout les films réussis, modernes et innovants. Et cela n’est pas si courant pour les comédies…
Les plus oubliées sont surtout les grosses productions parce que leur forte médiatisation agace (on frise l'overdose lors de certaines sorties). La philosophie du moment, c'est de donner des César à des films qui sont passés un peu plus inaperçus et qui ont été durs à produire (quelque soit l’ampleur de son budget). Qu'apporteraient des César aux Ch'tis qui a déjà eu tous les honneurs ? Pas grand chose... C'est visiblement ce qu'en ont conclu les votants.
Exemples de César remis à des comédies
Meilleur film
1985: "Les Ripoux" de Claude Zidi
1986: "Trois hommes et un couffin" de Coline Serreau
1998: "On connaît la chanson" d’Alain Resnais
Meilleur réalisateur
1985: Claude Zidi pour "Les Ripoux"
Meilleur scénario
1986: Coline Serreau pour "Trois hommes et un couffin"
1989: Etienne Chatiliez & Florence Quentin pour "La Vie est un long fleuve tranquille"
1993: Coline Serreau pour "La Crise"
1996: Josiane Balasko & Telche Boorman pour "Gazon maudit"
1997: Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui & Cédric Klapisch pour "Un Air de famille"
1998: Jean-Pierre Bacri & Agnès Jaoui pour "On connaît la chanson"
1999: Francis Veber pour "Le Dîner de cons"
Meilleur actrice
1997: Fanny Ardant dans "Pédales douces"
Meilleur acteur
1979: Michel Serrault dans "La Cage aux folles"
1998: André Dussolier dans "On connaît la chanson"
1999: Jacques Villeret dans "Le Dîner de cons"
Meilleur second rôle féminin
1989: Hélène Vincent dans "La Vie est un long fleuve tranquille"
1994: Valérie Lemercier dans "Les Visiteurs"
1997: Catherine Frot dans "Un Air de famille"
1998: Agnès Jaoui dans "On connaît la chanson"
2000: Charlotte Gainsbourg dans "La Bûche"
2003: Karin Viard dans "Embrassez qui vous voudrez"
2006: Cécile de France dans "Les poupées russes"
2007: Valérie Lemercier dans "Fauteuils d’orchestre"
Meilleur second rôle masculin
1977: Claude Brasseur dans "Un Eléphant, ça trompe énormément"
1986: Michel Boujenah dans "Trois hommes et un couffin"
1994: Fabrice Luchini dans "Tout ça… pour ça"
1996: Eddy Mitchell dans "Le Bonheur est dans le pré"
1997: Jean-Pierre Darroussin dans "Un Air de famille"
1998: Jean-Pierre Bacri dans "On connaît la chanson"
1999: Daniel Prévost dans "Le Dîner de cons"
2000: François Berléand dans "Ma petite entreprise"
2004: Darry Cowl dans "Pas sur la bouche"
2005: Clovis Cornillac dans "Mensonges et trahisons et plus si affinités..."
Meilleur espoir féminins
1983: Sophie Marceau dans "La Boum 2"
1989: Catherine Jacob dans "La Vie est un long fleuve tranquille"
2003: Cécile de France dans "L’Auberge espagnole"
Meilleur espoir masculin
1996: Guillaume Depardieu dans "Les Apprentis"
2008: Laurent Stocker dans "Ensemble c'est tout"
Meilleur film étranger
1983: "Victor, Victoria" de Blake Edwards
1995: "Quatre mariages et un enterrement" de Mike Newell
2007: "Little Miss Sunshine" de Jonathan Dayton & Valerie Faris
Meilleur Documentaire
2007: "Dans la peau de Jacques Chirac" de Karl Zéro & Michel Royer
Meilleur premier film
1989: "La Vie est un long fleuve tranquille" d’Etienne Chatiliez
1996: "Les Trois frères" de Didier Bourdon & Bernard Campan
1998: "Didier" d’Alain Chabat
2007: "Je vous trouve très beau" d’Isabelle Mergault
César d’honneur
1977: Jacques Tati
1980: Louis de Funès
1985: Alain Poiré
1989: Bernard Blier
1993: Gérard Oury
1994: Jean Carmet
1999: Jean Rochefort
2000: Josiane Balasko
2001: Darry Cowl
2006: Pierre Richard
07:50 Publié dans A la Une | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, césar, polémique, dany boon, ch'tis













