29 novembre 2007

Didier Lombard : "L’iPhone marque l'arrivée de la convergence en France"

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Didier Lombard, le pdg de France Telecom, nous explique les objectifs de son entreprise alors que sort aujourd’hui l’iPhone exclusivement commercialisé par sa filiale Orange.

Alors comment vous le trouvez, votre iPhone ?
Ce téléphone est important. Il marque la véritable arrivée de la convergence dans la poche des Français. Alors oui, la convergence existait déjà mais soit elle n’était pas totale, soit les terminaux n’était pas très simples d’accès…
Avec l’iPhone, vous possédez un téléphone qui permet de se connecter à Internet, d’écouter de la musique, de regarder photos et vidéos… Et, surtout, son ergonomie parfaite en fait le potable le plus simple d’utilisation du marché. Tout fonctionne avec le bout du doigt ! C’est tellement simple que je me sers du mien sans aucun problème ! (rires)

Vous avez cassé votre tirelire pour avoir l’iPhone… Quelles retombées économiques attendez-vous ?
On espère en vendre environ 100 000 d’ici Noël et, pour 2008, nos estimations se situent entre 400 000 et 500 000 exemplaires. Cela représente entre 3 et 5 % du chiffre d’affaires d’Orange.

On dit que vous allez reverser 30% de la marge de l’iPhone à Apple ?
C’est une partie du contrat qui est confidentielle. Je ne vous dirai rien. C’est un modèle économique exceptionnel que nous avions déjà adopté avec MSN lors du lancement d’Orange Messenger. Aujourd’hui, Apple est la seule marque qui peut provoquer des files d’attentes devant les boutiques quand sort un nouveau produit.
Nokia nous a récemment proposé de partager nos revenus contre l’implantation définitive du logiciel OVI dans nos terminaux. Nous avons refusé.

Il y a eu des cafouillages de communication lors de vos négociations avec Apple. On a compris qu’elles avaient été tendues. Que s’est-il passé ?
Il n’y a pas eu de « cafouillage » et j’avoue avoir bien ri en lisant la presse à ce moment-là. Steve Jobs m’a parlé de son projet il y a deux ans et demi. L’accord a été signé en juin. Apple a choisi Orange principalement parce que nous sommes l’opérateur qui a le plus de boutiques en France. C’est cette force commerciale unique qui a convaincu la marque américaine.
Nous avons eu des discussions ultérieures car la loi française nous impose clairement de proposer l’iPhone sans aucun forfait orange. En Allemagne et en Angleterre, les textes sont moins explicites.

Que représente l’iPhone pour vos marques ?
L’iPhone va permettre de capter de nouveaux abonnés (comme les aficionados d’Apple et de nouvelles technologies) et de proposer un produit jeune à nos abonnés. Mais c’est également un terminal qui permet la convergence sur laquelle nous travaillons beaucoup. Notre métier de base c’est de construire et d’exploiter des réseaux de télécommunication. Tout l’argent que nous gagnons est réinvesti dans le renouvellement de notre réseau.
Pour fidéliser nos clients, nous proposons des équipements (comme l’iPhone) mais aussi des contenus et des services. C’est indispensable mais moins essentiel à notre survie que le passage à la fibre optique.

A propos de contenus, la Ligue de football professionnelle va lancer vendredi son appel d’offre pour les droits de retransmission pour 2008-2012. Vous êtes candidats pour les lots mobiles, vod et ADSL ?
Cela peut nous intéresser mais nous attendons de voir les limites exactes de ces lots. Il est évident que l’ensemble des lots ne nous intéresse pas. Nous ne sommes pas là pour diffuser 2 heures de match en direct à 20h50.

Vous êtes prêt à faire un gros chèque pour cela ?
Nous serons économe. Une fois de plus, le football est un contenu qui satisfait quelques dizaines de milliers d’abonnés. Il a une bonne audience mais notre argent doit aller avant tout au développement de nos réseaux.

 

Interview pbliée sur le blog de GuiM