24 mai 2009

Sans surprise, Huppert préfère Haneke à Audiard

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Le jury présidé par Isabelle Huppert a donc décidé de remettre la palme d'or au Ruban blanc de l'Autrichien Michael Haneke. Nous verrons en octobre ce que donne ce long-métrage, a priori austère aux dires de ceux qui l'ont déjà vu. Un sacre qui devrait vite faire polémique puisque l'actrice-présidente fût récompensée en 2001 à Cannes pour La Pianiste, un des derniers films d'Haneke. Huppert n'a donc pas adopté la méthode Sean Penn qui, l'année dernière, avait écarté Clint Eastwood de son palmarès. Dommage car les soupçons de copinage planeront sans doute toujours sur la Palme d'Haneke...

Chouchou des festivaliers, Un Prophète de Jacques Audiard n'a emporté "que" le Grand Prix du jury. Un choix radical du jury qui rappelle celui de 1998 où Martin Scorsese avait préféré L'Eternité et un jour de Theo Angelopoulos (aujourd'hui oublié) à La Vie et belle de Roberto Benigni. Espèrerons donc que ce parallèle portera chance à Audiard et que son film fera le tour du monde. Mais, pour sa défense, Isabelle Hupert expliquera probablement que la Palme d'or sert à défendre des oeuvres difficiles, ambitieuses et exigeantes ainsi qu'à soutenir des films qui ne s'adressent pas forcément au plus grand nombre. Et quand, en plus, elle peut faire polémique, c'est tout benef'.

On espère que la Palme n'éclipsera pas un palmarès riche, ouvert et intelligent où la France est très présente. En effet Alain Resnais a obtenu un prix exceptionnel pour l'ensemble de son oeuvre tandis que la divine Charlotte Gainsbourg a décroché le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans Antichrist de Lars Von Trier. Le prix d'interprétation masculine revient à Christoph Waltz, pour Inglourious Basterds de Quentin Tarantino. Pedro Almodovar et Marco Bellochio sont tout simplement absents du palmarès où figurent aussi Kinatay de Brillante Mendoza (mise en scène) et Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye (scénario).

 

Le Palmarès complet du 62e Festival de Cannes

Palme d'Or

Le Ruban blanc de Michael Haneke

Grand Prix du Jury

Un Prophète de Jacques Audiard

Prix exceptionnel

Alain Resnais (Les Herbes folles)

Prix de la mise en scène

Brillante Mendoz pour Kinatay

Prix d'interprétation féminine

Charlotte Gainsbourg pour Antichrist

Prix d'interprétation masculine

Christoph Waltz pour Inglourious Basterds

Prix du scénario

Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye

Prix du Jury (ex-aequo)

Fish Tank d'Andrea Arnold et Bak-Jwi de Park Chan-Wook

Caméra d'Or

Sanson et Delilah de Warwick Thornton

Palme d'Or du court métrage

Arena de João Salaviza

La Palme pour Jacques Audiard ?

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D’après les petits veinards qui sont là-bas : c’est un bon cru. Oui, l’édition 2009 du festival de Cannes, 62e du nom, qui se termine ce soir, a tenu toutes ses promesses. Les habitués n’ont effectivement pas déçu. Almodovar a fait du Almodaovar. Tarantino a fait du Tarantino. Lars Von Trier a fait du Lars Von Trier. Et tant mieux ! Mais ces trois-là ne sont pas pour autant assurer d'être au palmarès.

Si j’en crois les avis des journalistes ciné relevés par le Film Français, le palmomètre de Canal+, le Twitter IsideCannes ou même Le Monde, le meilleur film projeté pendant la quinzaine est : Un prophète de Jacques Audiard. On prie donc que le jury de Mademoiselle Huppert attribue la Palme au réalisateur français. Audiard n’aurait pas volé la récompense suprême tant il est un scénariste audacieux et réalisateur puissant comme l'indiquent ses derniers films magistraux (Sur mes lèvres et De battre mon cœur s’est arrêté). Artiste établi et grand public, il sait pour autant prendre des risques en faisant des films sans stars ou en situant l’action de son film en prison (comme c’est le cas pour Un Prophète). Plus largement, cette Palme prouverait aussi au monde que le cinéma français est bien vivant et qu’artisitiquement il se passe des choses dans notre pays.

Deux hics s’opposent à l’option Audiard : la France a déjà eu la Palme l’année dernière avec Entre les murs et la présidente du jury est française également. Les Cassandres estiment que ça fait trop. L’autre problème, plus sérieux, se nomme Huppert. L’actrice est exigeante et n’aime rien tant que surprendre. Elle pourrait donc préférer un film plus austère, plus complexe formellement et plus politique comme Le Ruban blanc de Michael Haneke (un des cinéastes fétiche d'Huppert), déjà multi-primé à Cannes mais qui ne fait jamais l'unanimité. Ou, plus consensuel, Vincere de Marco Bellocchio. Mais, tout comme les autres films de la sélection qui ont été applaudis (Fish Tank d’Andrea Arnold, Visage de Tsai Ming-Liang, Les Herbes folles d'Alain Resnais et The times that remains de Elia Suleiman), Haneke et Bellocchio ne sont pas à l'abris de se faire surprendre par un film passé relativement inapperçu en guise de concensus entre les jurés !

Réponse ce soir à 19h20. La cérémonie de clôture sera diffusée en direct sur Canal+.

23 avril 2009

Tarantino, Almodovar, Resnais et Audiard à Cannes

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La direction du festival de Cannes vient de dévoiler la sélection de l'édition 2009 qui sera présidée par Isabelle Huppert. Parmi les pointures attendues sur la Croisette du 13 au 24 mai, on compte 4 ex-palmés : Quentin Tarantino, Lars von Trier, Ken Loach et Jane Campion. Ainsi qu'une série de cinéastes confirmés : Alain Resnais, Ang Lee, Pedro Almodovar, Michael Haneke, Marco Bellocchio, Tsai Ming-Liang et, hors-compet', d'Alejandro Amenabar, Sam Raimi et Terry Gilliam (qui a réalisé le tout dernier film avec Heath Ledger).

La France sera représentée par 9 long-métrages dont 4 en compétition (Les herbes folles d'Alain Resnais, Soudain le vide de Gaspard Noé, Le Prophète de Jacques Audiard et Je suis parti de rien de Xavier Giannoli) ainsi que  Ne te retourne pas de Marina De Van, L'Armée du crime de Robert Guediguian, Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Koune (en clôture) et un documentaire de Michel Gondry.

Côté stars, sont attendus : Brad Pitt, Penélope Cruz, Johnny Depp, Jude Law, Emile Hirsch, Willem Dafoe, Charlotte Gainsbourg, Johnny Hallyday, Sophie Marceau, Sylvie Testud, Eric Cantona, Diane Kruger, Mélanie Laurent, Mike Myers, Maggie Cheung, François Cluzet, André Dussollier, Sabine Azéma, Mathieu Amalric, etc.

 

Film d'ouverture

Là-haut de Pete Docter et Bob Peterson (Pixar)


Les films en compétition

Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Taking Woodstock d'Ang Lee
Les herbes folles d'Alain Resnais
Soudain le vide de Gaspard Noé
Un Prophète de Jacques Audiard
A l'origine de Xavier Giannoli
Antichrist de Lars von Trier
Les Etreintes brisées de Pedro Almodovar
Looking for Eric de Ken Loach
Le Ruban blanc de Michael Haneke
Vincere de Marco Bellocchio
Fish Tank d'Andrea Arnold
The Time that remains d'Elia Suleiman
Visage de Tsai Ming-Liang
Vengeance de Johnnie To
Map of the Sounds of Tokyo d'Isabel Coixet
Chop Chop de Brillante Mendoza
Spring Fever de Lou Ye
Thirst de Park Chan-Wook
Bright Star de Jane Campion
Brillante de Mendoza Kinatay
Bak-Jwi de Park Chan-Wook

 

Hors compétition

The Imaginarium Of Dr Parnassus de Terry Gilliam
Ne te retourne pas de Marina De Van
Agora d'Alejandro Amenabar
Jusqu'en enfer de Sam Raimi
L'Armée du crime de Robert Guediguian

 

Clôture
Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen

04 janvier 2009

Madame la présidente

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La direction du Festival de Cannes a demandé à Isabelle Huppert de présider le jury de la 62e édition du festival. Et c'est plutôt une bonne nouvelle tant l'actrice montre depuis 30 ans son talent et l'ambition de ses choix artistiques au cinéma comme au théâtre. Elle a été primé deux fois à Cannes en 1978 pour Violette Nozière et en 2001 pour La Pianiste.

Les derniers Français à avoir occupé le poste de "président" sont Isabelle Adjani (en 1997), Luc Besson (en 2000) et Patrice Chéreau (en 2003).

26 mai 2008

Vous ne voulez pas un peu de Guronzan ?

18936348.jpgDeneuve vs Amalric. C'est le combat qui est au coeur de Un conte de Noël, la nouvelle fable familliale d'Arnaud Desplechin. Si l'affiche est excitante, le résultat est ennuyeux.

Arnaud Desplechin est un metteur en scène de talent. Comme aucun autre réalisateur, il sait dépeindre des personnages atypiques, à la limite de la folie, avec grace et élégance. Dans son Conte de Noël, il propose un portrait acerbe d'une famille qui règle ses comptes. Le marginal Henri (Mathieu Amalric), banni de sa famille suite à divers abus, revient fêter Noël chez les siens, à la demande expresse de sa mère (Catherine Deneuve). Non pas par plaisir mais par besoin vital : elle a besoin d'une greffe de la moele épinière de son fils. Le retour d'Henri le maudit va faire resurgir toutes les lésions enfouies de la famille. Un scénario 100% Desplechin.

Le réalisateur filme les allez-venus de ses personnages comme un balet. Il offre des scènes extrèmement réussies. Comme dans Rois et Reines et La Sentinelle, ses acteurs (tous excellents) virevoltent à l'écran et débitent des dialogues comme de diaboliques joutes verbales. Mais ce travail d'orfèvres est gaché par un rythme pesant. Sans raison particulière, le film dure 2h38. Le récit s'enlise dans des scènes sans queue ni tête. Le spectateur perd vite le fil et se demande où on l'amène et ce que l'on exactement veut lui raconter.

On reprochera aussi un film d'être très parisien. Dur de s'indentifier à ces bourgeois adeptes de psychotropes. D'autant plus dur que ces personnages surexcités sont ternis par le rythme très lent. Dommage que Desplechin ne soit pas un conteur aussi frénétique que ces personnages.

Une Palme française !

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21 ans après Maurice Pialat (et Sous le soleil de Satan), un Français a remporté "à l'unanimité" une Palme d'Or. Il s'agit de Laurent Cantet pour Entre les murs, un film sur l'éducation écrit et joué par François Bégaudeau. Ce film, dont la sortie est fixée au 15 octobre, s'arrête sur les relations entre des élèves et des professeurs d'un collège du 20e arrondissement de Paris. En voici la bande-annonce :

03 janvier 2008

Sean Penn présidera le jury de Cannes

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Sean Penn a été choisi pour diriger le jury du prochain festival de Cannes. Oscarisé pour « Mystic River » de Clint Eastwood en 2004, il est l’un des plus grand acteur du moment. En 1997, l'acteur avait été primé à Cannes. Il avait reçu le prix d’interprétation masculine pour « She's So Lovely », de Nick Cassavetes.

Le choix de Sean Penn est également un choix politique. En cette année d’élection présidentielle américaine, son très fort engagement à gauche devrait faire mouche sur la Croisette.

A noter que c’est (enfin !) le grand retour d'un acteur comme président du jury. Depuis une dizaine d’années, cette fonction n'était proposée qu'à des réalisateurs, palmés pour la plupart.

28 mai 2007

La Palme roumaine

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Le Jury de Stephen Frears a choisi l'émotion. La palme du 60e Festival de Cannes a été attribuée à un "petit film" roumain. Stephen Frears parle lui de "petits cinéastes venant de petits pays". 4 mois, 3 semaines et 2 jours raconte un avortement clandestin dans la Roumanie de Ceaucescu. Au delà du film, très émouvant parait-il, cette palme récompense un cinéma en pleine reconstruction après des années d'oppression.

 

Voici le palmarès complet de la 60e édition :

 

 

Palme d’Or

4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu

 

Grand Prix

La Forêt de Mogari  de Naomi Kawase

 

Prix du 60e anniversaire

Gus Van Sant pour Paranoid Park

 

Prix de la mise en scène

Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le Papillon

 

Prix d’interprétation féminine

Jeon Do-Yeon dans Secret Sunshine

 

Prix d’interprétation masculine

Konstantin Lavronenko dans Izgani

 

Prix du scénario

Fatih Akin pour De l’autre côté

 

Prix du Jury

Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Lumière silencieuse de Carlos Reygadas

 

Caméra d’Or

Meduzot d’Etgar Kerret et Shira Geffen

 

Palme d’Or du court métrage

Verr Lover d’Elisa Miller

26 mai 2007

La palme des critiques

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Dernières projections à Cannes avant le verdict final ! C'est toujours dur de se faire une idée des films en compétition car nos opinions à nous autres non-festivaliers, sont plus liés  au buzz autour des films qu'à la qualité de fictions que l'on n'a pas vues.

Pour cela le Film Français a recueilli l'avis de plusieurs critiques de cinéma. Dans un tableau, ils donnent leurs étoiles. Idéal pour voir quels sont les favoris de la presse écrite. Mais aussi de se moquer d'eux, avec bienveillance bien-sûr, si le palmarès ne reflète pas leurs opinions.

Le tableau est ici.

24 mai 2007

Touchantes "chansons d'amour"

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Hier soir, je suis allé voir "Les Chansons d'amour" de Christophe Honoré et je suis encore sous le charme. Cette comédie musicale parle d'amour, de mort, de deuil avec une infinie légèreté mais surtout beaucoup de profondeur. La bande originale, une pop tantôt sucrée tantôt sombre, contribue largement à cette ambiance générale. Et puis, il y a Louis Garrel bien sûr. Il ne tombe jamais pathétique dans la peau d'Ismaël. Une grande prestation. Bref, un excellent film. A voir. J'espère que dimanche le jury du festival de Cannes n'oubliera pas ce film de son palmarès.

 

 

Voici la bande-annonce et un extrait :

  

 

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