23 octobre 2009

Le départ précipité de Duroux, incarnation du malaise à TF1

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Un mois et puis s'en va. Axel Duroux a quitté hier soir la direction générale de TF1 à peine plus six semaines après sa prise de fonction. Depuis son arrivée à la tête de la Une, les tensions ont été vives entre lui et le pdg du groupe, Nonce Paolini (notre photo). Pourquoi ? Avant tout pour des raisons de prérogatives mal définies dès l'origine. En effet, le charismatique Axel Duroux, ex-patron de RTL, avait été nommé fin juin dans l'optique de "seconder Nonce Paolini dans toutes ses missions et dans toutes ses responsabilités sociales, stratégiques et opérationnelles".

Les Cassandre prédisaient que ces deux-là se marcheraient vite sur les pieds. Et cela n'a effectivement pas trainé. Un combat de coqs a débuté dès la prise de fonction d'Axel Duroux. Les deux patrons se disputant leurs champs d'action. Axel Duroux avait, par exemple, réfléchi à la mise en place d'une nouvelle direction de l'information pour la Une, retoquée par Nonce Paolini au motif que lui seul avait compétence pour gérer l'information. Les deux hommes avaient même des désaccords sur la stratégie de la Une. Cette semaine lors d'un séminaire réunissant tous les cadres, Nonce Paolini a félicité ses équipes d'avoir stabilisé l'audience de de TF1 aux alentours de 26,5% de pda, ce qui lui parraissait un objectif raisonnable. Duroux a pris la parole juste après en fixant un objectif d'audience de 30% devant des cadres médusés par tant de divergences de fond entre les deux leaders.

Après plusieurs menaces de démission, Martin Bouygues, le propriétaire de TF1, a convoqué les deux hommes pour arbitrer le conflit et imposer un partage des missions, comme l'indiquait la semaine dernière l'excellent site Ozap. Sans succès. Le départ de Duroux a de quoi surprendre tant il est rare de voir une aussi intense crise de management (ou erreur de casting ?) à la tête d'une entreprise du CAC 40. Un événement d'autant plus dommageable que l'arrivée de celui que l'on surnomme Double Axel - en raison de son mètre 98 - avait été bien accueillie par le marché et fait bondir le cours de l'action TF1. Homme de contenu, il était attendu comme le Messie et devait correspondre avec la fin de la crise du groupe qui a perdu de sa superbe depuis le lancement de la TNT. Une crise que le passage éclair aura finalement amplifié et qui nlaissera des traces..

 

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Finissons par un gros mea-culpa. Depuis les premières tensions, j'étais persuadé que Nonce Paolini, à cinq ans de la retraite, craquerait le premier. Je pensais qu'après avoir débarqué un à un les barons de l'air Le Lay-Mougeotte (Villeneuve, Dassier, Namias, PPDA, etc.) et enduré toutes les critiques de la presse, il serait débarqué dans un an ou deux pour laisser son fauteuil à Duroux afin de signifier que le début de la nouvelle ère de TF1. Je me suis donc royalement trompé. Donc, a postériori, ce que, fièrement, j'ai dit dans le cadre d'une interview dans l'Edition Spéciale de Canal+ (voir vidéo ici) fait ... sourire. Mais fail avoué...

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Commentaires

Dans l'absolu, on pouvait évidemment s'attendre à ce qu'Axel Duroux finisse par éjecter Nonce Paolini de son fauteuil. Ton analyse (que je partageais) était donc a priori bonne mais puisqu'elle est invalidée par les faits, il est intéressant de chercher à comprendre ce que ça cache.

On me dit qu'il y a eu un désaccord majeur sur l'info qui a provoqué le dernier clash. Or, dans le Yalta entre les deux hommes, puisque Paolini avait la gestion et Duroux les programmes, c'est ce dernier qui aurait dû avoir la haute main sur Laurence Ferrari (si j'ose dire) et sur Pernaut. Mais il semble que Paolini ait considéré l'info comme son domaine réservé et que Martin Bouygues l'ait finalement soutenu.

Cela signifie donc que l'info est une donnée bcp trop stratégique et sensible pour le groupe Bouygues (cf. la séparation des cibles et contenus TF1/LCI à l'époque de Dassier) pour la laisser aux mains d'un "saltimbanque". A l'époque Le Lay / Mougeotte, cette dichotomie n'existait pas puisque Mougeotte était un homme sûr dans les rapports du groupe avec le pouvoir (il suffit de voir combien il continue à l'être au Figaro)

Face à sa baisse d'audience, il semblerait donc que la Une puisse réagir et se remettre en cause sur tous les fronts SAUF l'info. Le prix à payer risque d'être une "Dassaultisation" décrédibilisante. Au moins, le successeur de Duroux est prévenu.

Ecrit par : Sébastien Durand | 24 octobre 2009

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