24 mai 2009
La Palme pour Jacques Audiard ?
D’après les petits veinards qui sont là-bas : c’est un bon cru. Oui, l’édition 2009 du festival de Cannes, 62e du nom, qui se termine ce soir, a tenu toutes ses promesses. Les habitués n’ont effectivement pas déçu. Almodovar a fait du Almodaovar. Tarantino a fait du Tarantino. Lars Von Trier a fait du Lars Von Trier. Et tant mieux ! Mais ces trois-là ne sont pas pour autant assurer d'être au palmarès.
Si j’en crois les avis des journalistes ciné relevés par le Film Français, le palmomètre de Canal+, le Twitter IsideCannes ou même Le Monde, le meilleur film projeté pendant la quinzaine est : Un prophète de Jacques Audiard. On prie donc que le jury de Mademoiselle Huppert attribue la Palme au réalisateur français. Audiard n’aurait pas volé la récompense suprême tant il est un scénariste audacieux et réalisateur puissant comme l'indiquent ses derniers films magistraux (Sur mes lèvres et De battre mon cœur s’est arrêté). Artiste établi et grand public, il sait pour autant prendre des risques en faisant des films sans stars ou en situant l’action de son film en prison (comme c’est le cas pour Un Prophète). Plus largement, cette Palme prouverait aussi au monde que le cinéma français est bien vivant et qu’artisitiquement il se passe des choses dans notre pays.
Deux hics s’opposent à l’option Audiard : la France a déjà eu la Palme l’année dernière avec Entre les murs et la présidente du jury est française également. Les Cassandres estiment que ça fait trop. L’autre problème, plus sérieux, se nomme Huppert. L’actrice est exigeante et n’aime rien tant que surprendre. Elle pourrait donc préférer un film plus austère, plus complexe formellement et plus politique comme Le Ruban blanc de Michael Haneke (un des cinéastes fétiche d'Huppert), déjà multi-primé à Cannes mais qui ne fait jamais l'unanimité. Ou, plus consensuel, Vincere de Marco Bellocchio. Mais, tout comme les autres films de la sélection qui ont été applaudis (Fish Tank d’Andrea Arnold, Visage de Tsai Ming-Liang, Les Herbes folles d'Alain Resnais et The times that remains de Elia Suleiman), Haneke et Bellocchio ne sont pas à l'abris de se faire surprendre par un film passé relativement inapperçu en guise de concensus entre les jurés !
Réponse ce soir à 19h20. La cérémonie de clôture sera diffusée en direct sur Canal+.
10:43 Publié dans A la Une, Ce soir à la télé, J'le dis quand même !, La Palme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival de cannes













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