27 avril 2009
Radio : La grille idéale existe, nous l’avons faite
Les audiences radio de janvier/mars ont permis de dresser la liste des tops et des flops de la saison. De quoi imaginer la meilleure programmation possible. Un exercice auquel nous nous sommes prêtés en toute liberté.
7h-9h30
Dans une radio rêvée, le matinale serait évidemment calquée sur celle des généralistes tant l'écart à cette heure-là avec les musicales est important. Pour diriger le 7h-9h30 le plus puissant, un directeur des programmes audacieux se devrait de proposer un tandem composé de Nicolas Demorand et Jean-Jacques Bourdin. Evidemment, l'idée même de ce duo fait sourire tant les deux hommes ont des profils opposés. Pourtant, malgré leur longévité, le présentateur de France Inter et celui de RMC ont fortement progressé depuis un an. Pour sa troisième saison aux commandes du 7/10 de la station publique, Demorand a fait progresser sa case de plus de 15% entre janvier et mars par rapport à la même période de 2008. Chaque jour 1,44 millions de Français se réveillent au son de sa voix. Avec un gain de 130 000 auditeurs, France Inter talonne désormais RTL. La tendance à la hausse est identique pour RMC. A l'antenne depuis 2001, Bourdin & co progresse encore de 7% en un an, avec 631 000 auditeurs en moyenne. L'émission améliore ses parts de marché sur toutes les cibles et enregistre de faibles variations d'audiences entre 7h00 et 11h00.
Derrière ses deux valeurs sûres, Marc-Olivier Fogiel apparaît comme un joker de luxe. Complètement refondue cette saison, Europe 1 a en effet fait une bonne opération en le recrutant, la greffe ayant prise entre le public et le journaliste. L'émission Europe1 Matin s'est vite installée et a progressé de 8% sur un an. La station enregistre une part d'audience record de 10,8 % entre 7h00 et 9h30. La seule raison d'exclure Fogiel de notre grille est son manque d'ancienneté. S'installer en radio prend du temps. Or, d'un caractère ambitieux, le journaliste semble avoir envie d'ailleurs... Sur RTL, Vincent Parizot a en revanche eu du mal à faire oublier Christophe Hondelatte en début de saison. Même s'il a légèrement progressé entre janvier et mars (+2% par rapport à novembre/décembre), le journaliste ne figure donc pas dans notre grille idéale.
La présence d'un humoriste s'impose bien évidemment. Chroniqueurs et imitateurs font les pics d'audience des toutes les généralistes. Sur Europe1, Nicolas Canteloup a gagné 50 000 auditeurs (à 12,4% de PDA), et le retour de Laurent Gerra sur RTL s'est transformé en plébiscite (+120 000 auditeurs en septembre-mars). Mais ces deux là ne font pas le poids face à la percée du trublion le plus haï des politiques, Stéphane Guillon. Celui-ci est bel et bien l'humoriste de la saison. Bien que programmée uniquement trois fois par semaine, son Humeur de 7h55 a gagné 160 000 auditeurs. Alors évidemment il est tentant de mettre Guillon dans notre grille, au risque de se faire mal voir d'un exécutif très rétif à ses billets. Etant donné le contexte actuel sur le marché de l'emploi, nous optons plutôt pour Nicolas Canteloup, tout aussi moqueur mais peut être moins "méchant", qui a l'énorme atout d'être le deuxième podcast le plus téléchargé du pays (selon iTunes).
Concernant l'interview politique, notre cœur balance. Nicolas Demorand et Jean-Michel Aphatie sont au coude-à coude avec chacun 1,8 millions d'auditeurs. Nous misons néanmoins sur Demorand, dont les invités sont plus variés (universitaires, technocrates internationaux, etc.). Pour présenter les journaux, en revanche, aucune hésitation. Notre choix se porte sur Fabrice Drouelle, de France Inter. Son journal de 8 heures est suivi par 2 millions d'auditeurs. Il est la voix la plus écoutée de France, toutes stations confondues ! Du côté des revues de presse, Pascale Clark (RTL) et ses 1,81 millions d'auditeurs quotidiens est incontournable, même si l'exercice proposé par Frédéric Pommier sur France Inter a le mérite de renouveler sensiblement le genre.
A plusieurs reprises nous ferions un décrochage en région pour un journal local en nous appuyant sur le réseau France Bleu (+11% sur un an). Le tout agrémenté de quelques morceaux de musique classique puisque le 8/10 heures de Radio Classique a progressé de 28,6% en janvier/mars 2009 par rapport à la même période 2008. Enfin, pour la demi-heure culturelle de 9h/9h30 devenue très concurrentielle, on se laissera tenté par la bande de spécialistes de RTL qui fidélisent chaque jour 1,68 millions d'auditeurs en cumulés.
9h30-20h
Pour remplir les journées, une double stratégie s'impose. En matinée, les audiences prouvent qu'il vaut mieux programmer des stars. A 9h30, l'inusable Michel Drucker s'est rapidement installé. Europe1 Découvertes rassemble 778 000 auditeurs en moyenne entre janvier et mars 2009. Il faudrait être fou de s'en priver. A10h30, nous enchaînons avec Julien Courbet. Le Zorro de la télé est un phénomène radio. Avec 1,51 million d'auditeurs cumulés, Ca peut vous arriver réalise deux fois plus d'audience que le premier de ses challengers. Parfaitement stable sur un an, Courbet est devenu une institution qui ne doit pas nous échapper ! A 11h30, nous confions une plage de divertissement à Stéphane Bern. Sa bande du Fou du roi rassemblent 1,03 millions d'auditeurs de 13 ans et plus. Le programme a trouvé un second souffle et a gagné 9% d'audience par rapport à la saison précédente. Le bon sens voudrait que l'on cale ici une plage de rap car, sur Skyrock, l'émission Rap RNB non stop est une des plus fortes audiences de la station. 349 000 jeunes y sont branchés à cette heure là (+18% sur un an). C'est à peine moins que la libre antenne de Difool le soir !
L'après-midi, nous pourrions nous contenter de copier les programmes France Inter, car l'ensemble des émissions ont des progressions à deux chiffres sur un an : 2000 ans d'histoires (+33%), Là-bas si j'y suis (+23%), Nonobstant (+29%) ou Et pourtant, elle tourne (+40%). Difficile pour les programmateurs que nous sommes de faire notre choix parmi ces programmes de contenus. A moins de caler des programmes musicaux. Pascal Langlois de RTL2 pourrait se voir confier une case puisqu'il a progressé de 6% sur un an. En milieu d'après-midi, nous donnerions volontiers sa chance au Duo des non de Sud Radio (+31%, 165 000 auditeurs) ou à Didier Raynal de Rires et Chansons (105 000 ac, +7%). Autre possibilité, Laurent Ruquier, qui a relancé avec succès son émission d'Europe 1. On va se gêner a récupéré 10% d'auditeurs en plus (avec 589 000 ac au total). Pour notre 18/20 heures, nous jouerions la proximité. Les auditeurs, qui délaissent les grandes tranches d'actualité du créneau des généralistes, apprécieront de rentrer chez eux en écoutant des radios locales dans leurs voitures. Outre l'info-trafic, Les Indépendants leur proposent des bons plans pour sortir dans leur région. Un format qui fonctionne puisque, entre 18 et 20h, la centaine de stations du GIE rassemblent 622 000 auditeurs.
20h-00h
Difficile dans une grille idéale de se passer, en soirée, d'une bonne dose de sport et surtout de football pour attirer des auditeurs. Les trois grandes généralistes privées en font d'ailleurs l'alpha et l'oméga de leur grille entre 20h et 23h. Avec des fortunes diverses. Dès lors, qui privilégier entre la soirée de RMC avec Coach Courbis et Integrale Foot, celle de RTL avec RTL Foot ou d'Europe 1 avec Europe1 Foot et le club Sports ? Les émissions de RMC, sans aucun doute, pour nous assurer un maximum de résultats. Ainsi, l'émission Coach Courbis diffusée entre 20h et 22 h attire chaque quart d'heure 169 000 auditeurs selon les derniers chiffres Médiamétrie. En progression de 55% sur un an. C'est le meilleur score dans les radios généralistes à cette heure là. Et entre 22h et minuit Intégrale foot est aussi devant les émissions concurrentes de RTL et d'Europe 1. RMC rassemble 173 000 auditeurs, contre 148 000 sur Europe 1 et 85 000 sur RTL qui est la seule des trois radios à perdre du terrain sur un an (-41%). De quoi envisager peut-être un chamboulement de la grille du soir la saison prochaine. Car si RTL avait été portée au départ par sa soirée, elle est aujourd'hui en baisse réelle sur cette tranche horaire.
Mais pour contrer la concurrence, l'alternative de la contre-programmation est également séduisante... A l'image de ce que fait France Inter et qui fonctionne plutôt pas mal, même si les émissions ont accusé un léger recul sur un an entre janvier-mars 2008 et janvier-mars 2009. Avec 303 000 auditeurs par quart d'heure moyen entre 21h et 22h, l'humeur vagabonde de Kathleen Evin devance tous ses concurrents et progresse de 22 % sur un an. De même, les trois émissions qui se succèdent chaque heure jusqu'à minuit attirent en moyenne 143 000 auditeurs chaque quart d'heure.
L'autre match du soir est celui des émissions de libre-antenne sur les radios musicales. Et l'affrontement oppose trois radios qui sont largement devant les autres. Il s'agit de Skyrock, NRJ et Fun Radio. Ainsi, pour bâtir notre grille, nous confierions l'antenne à Difool et son émission pour être sûr de plaire aux auditeurs puisque l'émission devance toutes les radios chaque soir en attirant 331 000 personnes par quart d'heure entre 21heures et minuit. Devant NRJ (129 000 auditeurs) et Fun Radio (96 000).
Ecrit avec David Medioni et publié dans le CB News 1011 en kiosques le 27 avril 2009.
09:37 Publié dans A la Une, Enquêtes, Focus, In the press, Le chiffre du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : radio, audience
23 avril 2009
Tarantino, Almodovar, Resnais et Audiard à Cannes
La direction du festival de Cannes vient de dévoiler la sélection de l'édition 2009 qui sera présidée par Isabelle Huppert. Parmi les pointures attendues sur la Croisette du 13 au 24 mai, on compte 4 ex-palmés : Quentin Tarantino, Lars von Trier, Ken Loach et Jane Campion. Ainsi qu'une série de cinéastes confirmés : Alain Resnais, Ang Lee, Pedro Almodovar, Michael Haneke, Marco Bellocchio, Tsai Ming-Liang et, hors-compet', d'Alejandro Amenabar, Sam Raimi et Terry Gilliam (qui a réalisé le tout dernier film avec Heath Ledger).
La France sera représentée par 9 long-métrages dont 4 en compétition (Les herbes folles d'Alain Resnais, Soudain le vide de Gaspard Noé, Le Prophète de Jacques Audiard et Je suis parti de rien de Xavier Giannoli) ainsi que Ne te retourne pas de Marina De Van, L'Armée du crime de Robert Guediguian, Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Koune (en clôture) et un documentaire de Michel Gondry.
Côté stars, sont attendus : Brad Pitt, Penélope Cruz, Johnny Depp, Jude Law, Emile Hirsch, Willem Dafoe, Charlotte Gainsbourg, Johnny Hallyday, Sophie Marceau, Sylvie Testud, Eric Cantona, Diane Kruger, Mélanie Laurent, Mike Myers, Maggie Cheung, François Cluzet, André Dussollier, Sabine Azéma, Mathieu Amalric, etc.
Film d'ouverture
Là-haut de Pete Docter et Bob Peterson (Pixar)
Les films en compétition
Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Taking Woodstock d'Ang Lee
Les herbes folles d'Alain Resnais
Soudain le vide de Gaspard Noé
Un Prophète de Jacques Audiard
A l'origine de Xavier Giannoli
Antichrist de Lars von Trier
Les Etreintes brisées de Pedro Almodovar
Looking for Eric de Ken Loach
Le Ruban blanc de Michael Haneke
Vincere de Marco Bellocchio
Fish Tank d'Andrea Arnold
The Time that remains d'Elia Suleiman
Visage de Tsai Ming-Liang
Vengeance de Johnnie To
Map of the Sounds of Tokyo d'Isabel Coixet
Chop Chop de Brillante Mendoza
Spring Fever de Lou Ye
Thirst de Park Chan-Wook
Bright Star de Jane Campion
Brillante de Mendoza Kinatay
Bak-Jwi de Park Chan-Wook
Hors compétition
The Imaginarium Of Dr Parnassus de Terry Gilliam
Ne te retourne pas de Marina De Van
Agora d'Alejandro Amenabar
Jusqu'en enfer de Sam Raimi
L'Armée du crime de Robert Guediguian
Clôture
Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen
12:09 Publié dans A la Une | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival de cannes
22 avril 2009
Phénomène
Personne ne s'attendait à ce que Susan Boyle fasse la Une des journaux du monde entier. Elle non plus d'ailleurs. Participante de l'émission Britan's got talent (l'équivalent britannique d'Incroyable Talent), cette écossaise est plus proche de Cindy Sander que de son homonyme Danny Boyle. Pourtant sa renommée a déjà dépassée celle du réalisateur anglais oscarisé pour Slumdog Millionaire.
Pourtant à première vue, Susan Boyle est une life. Elle a un physique très très quelconque, voir même laid. Sa seule originalité est peut être qu'à 47 ans, elle n'ait "jamais embrassé un homme" comme elle l'a annoncé d'entrée sur la scène du télé-crochet. Dès son entrée en scène, jury s'apprête à se délecter de ce carnage annoncé. Ils préparent leurs vannes pour ajouter de la cruauté au ridicule et faire une des séquences pathétique qui fait le beurre de ce type d'émission.
Mais surprise quand Susan commence à chanter I dreamed a dream (J'avais rêvé d'une autre vie en français), un des airs phare des Misérables ! Les notes sont justes, puissantes. Susan chante bien. Le décalage entre nos préjugés pendant sa présentation et son chant est stupéfiant. Portée par une réalisation très efficace, la séquence est édifiante. Résultats, sur les plateformes de partage de vidéos, la prestation de Susan Boyle a été vue plus de 100 millions de fois. Il s'agit du plus gros buzz jamais enregistré sur le web !
Je vous laisse la voir (ou revoir) cette vidéo. Spéciale dédicace à Thomas I. et Florence H. ;)
10:29 Publié dans La chanson du dimanche, La vidéo qui buzze | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : télé-réalité, musique, susan boyle
09 avril 2009
Succession
Un hasard du calendrier. Quelques jours à peine après le décès d'Alain Bashung, un de ses fils spirituels se révèle véritable successeur. Dominique A, qui avait travaillé avec Bashung, a sorti mardi La Musique un très bel album (son 9e si j'ai bien compté). Comme son aîné, il considère sa voix, davantage comme un instrument que comme un moyen de conter un texte. Avec ce mélange de pop et de doux éléctro, Dominique A signe un album agréable à écouter, sombre, romantique, assez grand public et pourtant personnel.
Je vous laisse découvrir Immortels, le premier single de cet album dont je reparlerai. Et allez écouter les passionnants reportages diffusés sur France Inter (dans Esprits Critiques) où on suivait l'ensemble du procésus de création de ce disque.
07:22 Publié dans La chanson du dimanche | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alain bashung, musique
08 avril 2009
Grand Oral en demi-teinte pour Jean-Luc Hees
Jean-Luc Hees a détaillé hier après-midi devant les membres du CSA les grandes lignes de son projet pour la présidence de Radio France. Pendant 1h40, l’ancien dirigeant de France Inter devait justifier le choix du président de la République pour sa candidature. Selon lui, Nicolas Sarkozy a préféré un journaliste à un gestionnaire. Très attendu sur l'ensemble des dossiers, Hees a surpris en bottant en touche sur les sujets techniques, technologiques et financiers. Un mauvais point alors que, par exemple, il devra renégocier dès sa prise de fonction les conventions collectives de l'ensemble des salariés de la Maison ronde. Le présentateur de la matinale de Radio Classique n'a pas caché qu'il déléguerait en partie ces questions-là à son futur directeur général et à ses conseillers.
Visiblement stressé par l'entretien, il est également resté très vague sur les contenus au point de rendre parfois perplexes les Sages. L'ex-correspondant aux USA a en revanche été très disert sur sa passion pour l’entreprise -où il a travaillé 22 ans- et sur son attachement à la diversité culturelle véhiculée par ses différentes filiales. Côté humour, il a dénoncé un des slogans de la station "La différence c’est l’impertinence". "Je ne suis pas sûr que les auditeurs de France Inter cherchent l'impertinence", a-t-il déclaré. Jean-Luc Hees a indiqué qu’il estimait que les bornes à l’humour devaient être "l’injure et la diffamation". Une façon de prendre ses distances avec Stéphane Guillon qui le fait rire "une bonne fois sur deux" et dont une récente chronique sur Dominique Strauss-Kahn aurait provoqué l’ire élyséenne, selon le Canard Enchaîné.
Jean-Luc Hees s’est dit également "dérangé" par les rumeurs qui plaçaient "son ami" Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, aux commandes de France Inter. "Nous verrons si je partage les mêmes valeurs et le même projet que Frédéric Schlesinger. L’amitié n’est pas un critère de sélection". Il a enfin ajouté qu’il veillerait à ce que toutes les stations, y compris les plus petites, trouvent une place sur internet. Pas un mot en revanche sur l’actuel détenteur du poste et candidat malheureux à sa propre succession. Mais les Sages s'en sont chargés en saluant le très bon bilan, notamment financier, de Jean-Paul Cluzel.
Les membres du CSA, qui ont brillé par leurs questions incisives, rendront leur avis aujourd'hui en fin de matinée. Celui-ci doit être positif pour valider la candidature de Hees. Il sera définitivement nommé si les commissions des affaires culturelles des deux assemblées ne s’y opposent pas.
08:54 Publié dans A la Une | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : radio france, jean-luc hees














