08 avril 2009
Grand Oral en demi-teinte pour Jean-Luc Hees
Jean-Luc Hees a détaillé hier après-midi devant les membres du CSA les grandes lignes de son projet pour la présidence de Radio France. Pendant 1h40, l’ancien dirigeant de France Inter devait justifier le choix du président de la République pour sa candidature. Selon lui, Nicolas Sarkozy a préféré un journaliste à un gestionnaire. Très attendu sur l'ensemble des dossiers, Hees a surpris en bottant en touche sur les sujets techniques, technologiques et financiers. Un mauvais point alors que, par exemple, il devra renégocier dès sa prise de fonction les conventions collectives de l'ensemble des salariés de la Maison ronde. Le présentateur de la matinale de Radio Classique n'a pas caché qu'il déléguerait en partie ces questions-là à son futur directeur général et à ses conseillers.
Visiblement stressé par l'entretien, il est également resté très vague sur les contenus au point de rendre parfois perplexes les Sages. L'ex-correspondant aux USA a en revanche été très disert sur sa passion pour l’entreprise -où il a travaillé 22 ans- et sur son attachement à la diversité culturelle véhiculée par ses différentes filiales. Côté humour, il a dénoncé un des slogans de la station "La différence c’est l’impertinence". "Je ne suis pas sûr que les auditeurs de France Inter cherchent l'impertinence", a-t-il déclaré. Jean-Luc Hees a indiqué qu’il estimait que les bornes à l’humour devaient être "l’injure et la diffamation". Une façon de prendre ses distances avec Stéphane Guillon qui le fait rire "une bonne fois sur deux" et dont une récente chronique sur Dominique Strauss-Kahn aurait provoqué l’ire élyséenne, selon le Canard Enchaîné.
Jean-Luc Hees s’est dit également "dérangé" par les rumeurs qui plaçaient "son ami" Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, aux commandes de France Inter. "Nous verrons si je partage les mêmes valeurs et le même projet que Frédéric Schlesinger. L’amitié n’est pas un critère de sélection". Il a enfin ajouté qu’il veillerait à ce que toutes les stations, y compris les plus petites, trouvent une place sur internet. Pas un mot en revanche sur l’actuel détenteur du poste et candidat malheureux à sa propre succession. Mais les Sages s'en sont chargés en saluant le très bon bilan, notamment financier, de Jean-Paul Cluzel.
Les membres du CSA, qui ont brillé par leurs questions incisives, rendront leur avis aujourd'hui en fin de matinée. Celui-ci doit être positif pour valider la candidature de Hees. Il sera définitivement nommé si les commissions des affaires culturelles des deux assemblées ne s’y opposent pas.
08:54 Publié dans A la Une | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : radio france, jean-luc hees













Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://benoitdaragon.hautetfort.com/trackback/2137095
Ecrire un commentaire