08 octobre 2007

Le Roi Lion fait rugir de plaisir

a8b25d9641ab40feb7376e48a5e41864.png

 

Après son triomphe à Broadway, le Roi Lion envahit Paris depuis le 4 octobre. L’univers du film des studios Disney est remarquablement restitué par Julie Taylor. Une comédie musicale très réussie qui plaira aux petits et aux grands.


Tout le monde connaît Le Roi Lion, l’un des meilleurs dessins animés sorti des studios Disney. Les aventures de Simba, le lionceau qui doit affronter son destin pour s’asseoir sur le trône, ont fait le tour du monde. Le spectacle qui vient de débuter au théâtre Mogador à Paris est l’exacte transposition du film sur scène. Séquence après séquence, on retrouve tous les personnages (Mufasa, Scar, Zazu, Timon, Pumba, Nala). À la totalité des chansons du film, composées par Elton John et Tim Rice, viennent s’ajouter des chants typiques écrits par Lebo M, un musicien sud-africain. Ces morceaux, inconnus du grand public, accompagnent parfaitement les grands moments du spectacle, servis par un chœur et un orchestre impeccables. On déplore cependant la nouvelle traduction de la bande originale. Les plus petits regretteront sûrement la disparition de leurs refrains préférés pour des périphrases sans intérêt.

 

Coller au film au plus près est le point fort de la mise en scène de Julie Taylor. Les spectateurs se référant en permanence aux dessins qu’ils ont en tête, elle a stylisé décors et costumes. Pour donner des corps de bêtes à ses chanteurs, le metteur en scène a misé sur les masques. Plus de 200 pièces donnent vie à des lions, des hyènes, des singes ou des gnous. Avec un minimum d’effets, le public plonge dans le monde merveilleux de la savane. Usant d’artifices pour contourner chaque difficulté, Julie Taylor se sert aussi des moyens techniques du théâtre Mogador pour prolonger l’émerveillement. En quelques secondes, un majestueux décor surgit du sol...

 

La production du Roi Lion n’a pas lésiné sur les moyens, allant même jusqu’à rénover du sol au plafond le théâtre Mogador. En revanche, elle a eu du mal à trouver des comédiens à la hauteur de ses ambitions. Le singe Rafiki est le seul personnage qui sorte du lot grâce à la voix magnétique de son interprète, Zama Magudulela.

 

De la grandiose procession qui précède le baptême de Simba - la meilleure scène d’exposition qu’ait connu Broadway – jusqu’à la dernière, la troupe du Roi Lion offre 3 heures d’un spectacle réjouissant qui plaira aux petits et aux grands. La grosse production, très maîtrisée, est une succession de moments de grand art comme lors des délires totalitaires de Scar. Elle laisse tout de même des moments de poésie comme, par exemple, lors du départ de Nala sur Lea Halaléa.

 

Chaque soir, depuis les premières représentations, la salle acclame debout la troupe. Un triomphe mérité pour ce très bon Roi lion qui est le spectacle le plus abouti qui ait été donné à Paris depuis bien longtemps.



Cette critique accompagne un dossier spécial Roi Lion réalisé avec Claire Fenez et Bixente Barnetche. A lire sur isubway.

Les commentaires sont fermés.