30 mars 2007
3e journée d'audition pour les candidats à une licence de TNT régionale en Ile-de-France
Hier, le CSA procédait à l’audition de 4 des 28 candidats à l’attribution d'une licence sur la TNT régionale en Ile-de-France. J’y ai assisté. Voilà ce que j’en ai retenu.
TF1, BFM et NRJ, trois candidats très attendus, se sont succédés au siège du CSA avec trois projets radicalement différents et trois stratégies opposées. TF1 est restée très floue quant à son projet et son accord avec La Poste ; BFM a interloqué avec une double ligne éditoriale originale ; et, NRJ a marqué des points avec un projet très local. Détails.
15H30, TF1 ouvre le bal ! Patrick Le Lay (PDG de TF1) et Jean-Paul Bailly (PDG de La Poste) viennent présenter C22 avec Etienne Mougeotte, le "Monsieur Programme" de TF1. Ils veulent lancer une "chaîne généraliste de proximité". Autrement dit, entre des films et des divertissements, ils prévoient de diffuser des programmes à vocation régionale. 40% du temps d’antenne serait consacré à l’information locale et à de la libre antenne, 20% du temps à la culture et le reste (40%) serait donc rempli par des films, de la fiction et des divertissements. Les dirigeants n’ont pas vraiment développé leur projet qui ne semble pas très régional. Plutôt bienveillant, le Conseil n’a pas insisté sur ce point faible du dossier C22. En revanche, il a demandé quelques éclaircissements quant au contrôle de la case de libre antenne (0h30 – 2h30).
Patrick Le Lay a surtout vanté "la solidité financière de son projet". "Pas besoin de vous présenter TF1", a-t-il déclaré d’entrée. La présence au capital de la Poste a fait l’objet de questions de plusieurs Sages. Jean-Paul Bailly a dû expliquer en quoi les lourds investissements qu’impose la création d’une chaîne sont stratégiques pour son groupe. Le pdg est resté très évasif. Il n’a pas vraiment convaincu en arguant sa connaissance du terrain et sa maîtrise des échanges. Les Sages ont, semble-t-il, tiqué sur le partenarait entre une chaîne privée et un opérateur public. Là encore les deux actionnaires sont restés vagues se cachant derrière leur envie commune et leur ambition partagée. Ceux qui, comme moi, sont venus au CSA pour comprendre cette alliance sont restés sur leur faim…
16h15, une chaîne locale déjà existante s’exprime. L’équipe de La Locale Tv vient présenter son projet. Ils veulent passer la chaîne de Pantin sur la TNT pour développer leur antenne. Ils ont provoqué des rires dans la salle quand, dans leur film de présentation, des images de Michel Boyon l’actuel président du CSA furent diffusées. Plus sérieusement, le projet semble fragile. Les dirigeants de La Locale TV ont une bonne idée de ce que devrait être une chaîne locale mais financièrement ils disent en substance : "Nous trouverons de l’argent quand nous aurons la licence". Jacques-Elie Chabert, le gérant de La locale, a assuré pouvoir assurer ce financement par ses "fonds personnels".
Réponses un peu confuses des dirigeants quand le Conseil a demandé s’ils estimaient que l'actuelle dimension locale de la locale TV ne serait pas un frein à son ambition régionale. Même constat après une question sur la volonté de la chaîne de confier ses night-time à un autre candidat.
17H00, puis vient BFM. Alain Weill, le président de Nextradio (RMC, BFM et BFM TV) vient présenter BFM Paris Ile-de-France avec Francis Morel le Dg du Figaro. Ce projet est double. Il propose en journée de l’information financière depuis la bourse de Paris et le soir et le matin des programmes régionaux, culturels, etc. Vu les premières images, la dimension régionale est surtout limitée à Paris. Alain Weill a expliqué que les équipes du Figaro apporteront de l’aide pour le contenu, notamment les informations culturelles avançant de possibles "synergies" entre la chaîne et le Figaroscope. Weill a dû se justifier sur la dualité de son projet. Il estime que le marché publicitaire sera très faible en day time et qu’en se positionnant sur un autre créneau en journée, il pourra ramasser les recettes publicitaires suffisantes pour assurer la viabilité de cette chaîne.
Il a souligné la pertinence d'un positionnement sur les CSP+ (30% de la population de la région) qui lui permettrait des offres de couplages avec RMC, BFM et BFM TV. Alain Weill a particulièrement insisté sur l’importance de ce projet pour son groupe. "Notre petit groupe est condamné à investir s’il veut préserver son indépendance" a-t-il répété aux Sages interrogateurs. Il a évoqué des synergie souhaitables entres les rédactions de Next pour couvrir des évènements. Le projet de BFM est différent et fut bien défendu par un Alain Weill toujours très persuasif dans ce type d’exercice.
17H45, NRJ rassemble les télés locales dans LTF. NRJ et Telif ont présenté un dossier solide. En gros, ils proposent de créer une chaîne de proximité, détenue à 75 % par NRJ, qui s’appuie sur les moyens techniques de 7 télévisons locales déjà en service, dont Rueil TV, Téléssonne, Votv... Cette alliance permettrait à la nouvelle chaîne de couvrir n’importe quel événement dans la région, a expliqué Marc Pallain, le Président de NRJ.
Chaque jour, la direction de LTF commanderait des sujets aux chaînes locales, qui continueraient parallèlement à émettre chacune de leur coté. Marc Pallain a défendu la solidité de l’accord financier et la puissance de la régie NRJ Ile-de-France, clé du succès de la réussite de la chaîne et la compétence de ses partenaires.
--------------------------------------------------------------------------
A noter que selon des témoignages concordants de personnes ayant assistées aux deux premiers jours d’auditions : IDF1, le dossier de Jean-Luc Azoulay a marqué les esprits par sa crédibilité. L'enthousiasme d'Azoulay a visiblement fait mouche. Le projet 75 bis de Le Jour se lève et Teknikart a témoigné d’une bonne vision de la télévision régionale mais semble un peu fragile financièrement. Et, enfin, la présentation de Côté Seine, le projet de Hersant Médias, groupe de médias local par excellence ! Editorialement parlant, le propriétaire de TéléGrenoble, TéléAlsace et Paris Cap’ aurait un peu déçu. "Il propose juste de mettre PAris Cap' sur la TNT et d'augmenter le coût de sa grille", dixit un observateur. Mercredi matin, le représentant de Hersant Médias aurait parlé principalement de gros sous se félicitant surtout de son partenariat avec Lagardère Active.
02:50 Publié dans A la Une | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : medias, télévision, publicité












Les commentaires sont fermés.