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12 juin 2006

Jacques Expert : "Paris Première est la seule chaîne du câble à avoir une vraie politique de programmes"

medium_ppam.jpgEt de trois ! Vous avez élu Paris Première pour la troisième année consécutive « chaîne du câble et du satellite de la saison » lors des TV Notes 2006 qu'Imédias organise avec Newsmédias en partenariat avec Europe 1. Dans le même sondage, « 93 Faubourg Saint Honoré », une des émission phare de la chaîne, a été élue (également pour la troisième fois) « émission du câble et du satellite de la saison ». Double raison d'aller à la rencontre de Jacques Expert, le directeur des programmes de Paris Première. Interview.
 
 
Imédias : Les TV Notes 2006 qu'Imédias organise avec Europe 1 et Newsmédias vous désignent pour la troisième fois consécutive « chaîne du câble et du satellite de la saison ». Alors heureux ?
Jacques Expert : Très ! On ne se lasse pas. Nous sommes comme les joueurs de l'Olympique Lyonnais qui emportent le Championnat de France pour la cinquième fois de suite et qui sont toujours plus heureux que l'année précédente. Nous apprécions ce vote avec d'autant plus de plaisir qu'il se confirme chaque saison. Paris Première n'est pas la chaîne la plus regardée du câble et du satellite et pourtant...
 
 
Justement comment expliquez-vous cette visibilité de Paris Première ?Parce que nous sommes les seuls sur le câble et le satellite à avoir une politique de programmes et d'émissions ! Mises à part les chaînes d'information continue, les autres chaînes diffusent uniquement des séries, des films et des programmes en tout genre achetés à l'étranger. Par exemple, RTL9 enregistre les meilleures audiences du câble mais n'a aucune émission propre. RTL 9 fait de l'achat et de la diffusion. Ce n'est pas une critique mais un constat. Paris Première essaie d'être plus ambitieuse. Notre grille comporte une dizaine de magazines originaux et intelligents (« 93 Faubourg Saint Honoré », « Paris Dernière » ou « Ca balance à Paris »). Ceux-ci sont produits et inventés en France. Ce vote montre que ces émissions, dont certaines sont à l'antenne depuis plusieurs années, marquent les esprits des téléspectateurs. L'ambition paie.
 
 
Enfin on se souvient aussi de ces émissions car elles sont présentées par des animateurs connus et très identifiés...
Oui, c'est incontestablement un plus. Quand je vois le peu d'intérêt que suscitent les animateurs inconnus de Direct 8, je ne peux pas nier que notre grille bénéficie d'un meilleur éclairage! Mais notre "plus", c'est que cette visibilité se porte sur une politique éditoriale ambitieuse. Nous avons certes de bons animateurs mais ils présentent surtout de bonnes émissions ! Il n'y a aucune potiche. Mettre des animateurs connus pour le plaisir de mettre des animateurs connus ne marche pas à long terme. Nos animateurs ne sont pas là par hasard : ils sont tous légitimes dans leurs domaines. Ils ne sont pas interchangeables. Par exemple, quand en juin dernier Michel Field nous a annoncés qu'il ne pourrait plus présenter « Ca balance à Paris », on a choisi Laurent Ruquier parce qu'il est légitime pour parler de culture. Il s'y connaît et aime vraiment cela. Il s'est beaucoup investi, a beaucoup bossé et a fait une super saison chez nous. Et ce n'est pas évident de lui trouver un remplaçant pour la saison prochaine.
 
 
La saison des transferts a lancé le débat sur les clauses d'exclusivité. A terme, est-ce que ces clauses sont une menace pour votre chaîne ?
Il est évident que l'on se dirige vers une politique de groupe en matière d'animateurs. Dans un avenir proche, chaque groupe de télévision aura son patrimoine de représentants. Pour nous, c'est un problème car nous n'avons pas forcément la même politique que M6.
 
 
Pensez-vous que Patrick de Carolis a eu raison d'imposer aux animateurs de France Télévisions de telles clauses ?
Je ne sais pas. Ardisson et Ruquier font chez nous des émissions fortes. Cela participe à créer une bonne image d'eux qui profite aussi à France Télévisions. Leurs émissions, qu'ils mènent avec une totale liberté, n'auraient pas leur place sur le service public. Je pense qu'il a donc tort de penser que Paris Première concurrence son groupe.
 
 
Patrick de Carolis estime que ces animateurs auraient leur place sur France 4...
France 4 est une chaîne de service public. Prenez par exemple une bonne émission comme « Culture Club » qui, dans la forme, peut ressembler à ce que nous faisons. Eh bien « Culture Club » n'aurait pas sa place dans notre grille ! Car dans le fond, donner la parole à de jeunes artistes inconnus, c'est un truc de service public ! France 4 est devenue la caution culturelle du groupe. Ils reçoivent sur France 4 les artistes qu'ils ne reçoivent pas sur France 2 et France 3. France 4 est très branchée. Nous sommes sur une autre ligne éditoriale, avec des thématiques plus fortes.
 
 
Paris Première est quand même une chaîne « branchée ».
Nous ne sommes pas « branchés » mais « modernes ». Nous avons toujours fait attention à l'habillage de notre chaîne ainsi qu'à la forme de nos programmes. Mais ce n'est pas élitiste dans le fond. On ne parle pas du dernier artiste à la mode que personne ne connaît. Au contraire nous parlons de choses grand public comme il y a quelques jours où nous avons fait une émission autour des chansonniers avec l'équipe du théâtre des 2 ânes. Il n'y a pas plus populaire ! Ce qui nous fait plaisir dans les TV Notes, c'est de voir que notre vision séduit.
 
 
Paris Première est disponible sur la TNT payante. Etes-vous satisfait des retombées de ce mode de diffusion ?
Franchement la TNT payante n'est pas un succès. La TNT payante n'enregistre que quelques dizaines de milliers de personnes. Ce n'est pas grand-chose comparé au succès de l'offre gratuite. En revanche nous disposons de deux heures quotidiennes de diffusion sur la TNT gratuite (sur le même modèle que Canal+, NDLR). Mais il est encore trop tôt pour connaître les retombées précises de la case 18h50-20h50 où nous émettons en clair.
 
 
Vous préparez actuellement la grille de rentrée. Garderez-vous la même ligne éditoriale ou, comme votre grande soeur M6, allez-vous revoir les fondamentaux de la chaîne ?
Puisque ça marche, on continue ! Il y aura toujours ce mélange de magazines, de films et de séries.
 
 
Confirmez-vous ou non de l'arrêt de « 93 Faubourg Saint Honoré » ?
Non. L'émission sera bien présente à la rentrée ! La question était de savoir si on faisait évoluer « 93 Faubourg Saint Honoré » ou si on la gardait en état. On attendait de savoir si « Tout le monde en parle » continuait ou pas pour s'interroger sur des modifications. Nous trouvons dommage de ne pas exploiter les talents d'intervieweur de Thierry Ardisson. Jusqu'à présent, il faisait des interviews en face à face sur France 2 : il était redondant – donc stupide – qu'il en fasse aussi sur Paris Première. « Tout le monde en parle » s'arrête : on va donc retravailler l'émission dans ce sens mais le concept ne change pas.
 
 
Travaillez-vous sur un autre projet avec Thierry Ardisson ?
Oui. Le départ de France 2 de Thierry nous donne la possibilité de préparer autre chose. Il n'est bien entendu pas question qu'il fasse du  « Tout le monde en parle » sur Paris Première. On y réfléchit.
 
 
Ce deuxième projet est-il conditionné par sa probable arrivée sur Canal+ ?
S'il arrive sur Canal, ce n'est pas avant janvier et pas dans une case très exposée. Cela nous laisse une marche de manœuvre.
 
 
On a lu qu'Ariane Massenet arrêtait « Petite confidence entre amis »...
Là encore, c'est faux ! L'émission continue. Nous allons la faire évoluer. Même si rien n'est signé, nous devrions garder l'animatrice et le producteur !
 
 
Comme tous les ans, la fin de « Paris dernière » est annoncée. L'émission passe-t-elle à la trappe ?
Non ! Certains journalistes devraient m'appeler avant de publier de telles sottises (rires) ! Nous n'avons pas encore re-signé avec Frédéric Taddeï mais, a priori, il devrait être là. Il n'y a que lui qui maîtrise aussi bien la nuit et qui est capable avec autant de talent de passer d'une rencontre avec Emmanuelle Béart à une soirée érotique ! On va peut-être poser davantage cette émission. Car nous avons remarqué que cette caméra qui bouge en permanence agaçait parfois. On va tenter de calmer « Paris dernière ».
 
 
Fogiel en quotidienne sur Paris Première. Info et intox ?
Cela n'est pas, et n'a jamais été, une information. Nous ne travaillons pas avec lui.
 
 
Mélissa Theuriau arrive sur M6. Il se murmure qu'elle « pourrait arriver sur une chaîne thématique du groupe M6 ». Elle pourrait donc arriver sur votre chaîne ?
Elle arrive dans le groupe et c'est une très bonne nouvelle. Nous réfléchissons mais c'est compliqué car là encore on ne va pas la faire venir parce qu'elle est jolie. Il faut trouver un programme où elle ait sa légitimité. Son truc, c'est l'info. Parfait ! Mais nous ne faisons pas d'infos. On ne va pas lui faire faire la potiche dans un programme culturel. Ce n'est pas notre truc. LCI est capable de programmer une émission culturelle présentée par Nikos Aliagas en pensant que c'est suffisant pour faire une bonne audience. Nous, ce genre de mélange des genres ne nous satisfait pas. Nous avons désormais une identifié qui est appréciée. A nous d'être vigilants pour ne pas la détruire !
 
 
Interview co-réalisée avec Julien Lalande et publiée le 12 juin 2006 dans le 69e Mag' d'imédias.

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