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30 novembre 2005
Voyage au bout de la vie
Pour son huitième film, François Ozon se penche sur la mort. Puissant et intraitable, il signe son film le plus personnel. Mention très bien !
En tant que réalisateur, François Ozon est un peu schizophrène. Ces drames sont soit ultra-kitschs («8 femmes», «Swimming Pool»), soit hyper réalistes («Sous le sable», «5x2»). Epuré, «Le Temps qui reste» se place dans la deuxième catégorie. Le cinéaste filme les dernières semaines d'un jeune photographe homosexuel atteint d'un cancer. Condamné, il refuse tout traitement et décide de faire le chemin, seul.
Comme souvent chez Ozon, le personnage principal n'est pas sympathique. Romain (Melvil Poupaud, parfait) est orgueilleux, superficiel mais surtout incapable de communiquer, ce qui explique en parti son choix radical de cacher son mal à ses proches. Sans ménagement, il règle ses comptes avec ses parents et quitte son ami avec violence. Après une première phase autodestructive, Romain a un déclic lors d'un apaisant séjour chez sa grand-mère (Jeanne Moreau, magnifique). Il va tenter de s'accepter avant de partir.
Introspection
La force du «Temps qui reste» est de ne jamais tomber dans le pathos. Les errances et la reconstruction de Romain sont filmées avec intransigeance. Peut-être trop froid pour que l'on s'attache au personnage, mais on comprend le choix du cinéaste d'éviter la sensiblerie.
Pour le spectateur comme pour Romain, il y a au bout du chemin plus de questions que de réponses. Le spectateur doit chercher dans ses propres expériences les clés de l'histoire. C'est une invitation au voyage, à l'introspection, que propose François Ozon. On ne peux s'empêcher de faire un parallèle entre Romain et le cinéaste. Car le voyage de Romain est aussi celui vers l'âge adulte. Contraint de perdre son insouciance, Romain gagne en maturité. Tout comme le cinéaste qui offre ici un de ses films les plus profonds. Quand le photographe réfléchit pour la première fois à la paternité, quand il donne sans retour, l'émotion est forte. Une émotion froide et glaçante comme la mort.
Les + :
Les comédiens (Melvil Poupaud en tête)
Aucun pathos
L’ambiance
Les - :
Un peu trop froid
Critique publiée le 30 novembre 2005 sur le site imedias.biz
22:00 Publié dans Critiques de film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









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