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23 janvier 2006

Anne-Sophie Lapix : "Je ne suis pas fascinée par l'audience"

Aujourd'hui Anne-Sophie Lapix prend les rênes du «12 50», le nouveau rendez-vous d'info de la mi-journée de M6. Méfiant, on pense à un coup de pub orchestré par M6 dont le nouveau credo est de se faire passer pour une chaîne généraliste. Transformer le «6 minutes», un flash tout en images (qui dure en fait 12 minutes), en un journal de 15 minutes présenté par une journaliste charmante et pertinente : il y a des révolutions plus retentissantes. Mais Anne-Sophie Lapix rassure : elle n'a pas l'intention de faire de la figuration ! Avec son sérieux, son talent et l'expérience acquise à LCI, elle espère installer rapidement son «12 50». Entretien.

Imedias : Au printemps dernier, quand M6 vous a contacté, le projet de JT faisait-il partie des négociations ?
Anne-Sophie Lapix : Non, le projet ne faisait pas du tout partie du deal. Je suis venue uniquement pour «Zone Interdite». Cela dit, on m'avait expliquée que la direction de M6 voulait développer l'information sur la chaîne, que cela pouvait passer par un journal et que s'il y avait des essais à faire, on m'en ferait faire. Cependant, ça n'a pas changé ma décision : je serai venue exclusivement pour «Zone Interdite».

On annonce que «Le 12 50» laissera une grande place à l'image. Vous allez vous contenter, comme à «Zone Interdite», de lancer un sommaire et un seul sujet tout en images ?
Il y aura un fond d'images en permanence derrière moi mais c'est un journal normal avec des lancements, des off, des sonores...

Et des interviews ?
Avec possibilité d'interviews. Nous n'avons pas prévu d'invité pour le premier jour mais effectivement, on a cette possibilité.

A 12h50, il y a déjà l'information sur France 3 et Canal+. Et à 13 heures, sur TF1, France 2, LCI, I>TELE, BFM TV sans parler des radios... Qu'est-ce qui va nous pousser à regarder un journal sur M6 ?
Vous viendrez pour les raisons pour lesquelles vous veniez regarder le « 6 minutes » ! Nous ferons avec une pointe d'impertinence un journal en direct, concis, complet et punchy... Nous souhaitons ajouter une pointe de convivialité puisque je le présente ! (rire) Notre journal a sa propre hiérarchie de l'info et elle plait.

Le «6 minutes» était un journal assez neutre politiquement et vous voulez y ajouter de l'impertinence. Vous prendrez le risque de surprendre les spectateurs de M6.
Je trouve le «6 minutes» assez impertinent, parfois moqueur. Le ton ne pose pas de problème, il n'est pas lié à une couleur politique. Dans un journal, on peut se le permettre. La question se pose différemment pour les interviews politiques.

Et justement, en interview serez-vous incisive ?
Les interviews seront faites comme j'aime les faire. Je ne serai pas agressive mais je poserai les questions que j'ai envie de poser. Ce ne sera pas musclé car je n'ai pas de gros bras mais j'essaierai d'être efficace.

Le fait d'être coincée entre deux épisodes d'«Une Nounou d'enfer» vous impose-t-il de faire un journal qui plaise avant tout aux ménagères de moins de 50 ans ?
(rires) Franchement, on veut faire le journal du jour avec notre sens de la hiérarchie de l'info. Il y aura peut-être des sujets sur la vie quotidienne donc plus tournés vers notre public. Mais cela ne représentera pas plus de 20% du journal et cela satisfera autant les hommes que les femmes.

Quel objectif d'audience vous a fixé Thomas Valentin, le directeur général de la chaîne ?
On ne m'a pas fixé d'objectif d'audience. Je veux faire aussi bien que le «6 minutes», sinon mieux ! (rire)

C'est-à-dire un peu plus d'un million de téléspectateurs ?
Je crois que le «6 minutes» faisait entre 1.5 et 1.9 million de téléspectateurs.

Combien de temps la chaîne vous laisse-t-elle pour installer «le 12 50» ?
On ne m'a pas fixé non plus de temps pour y arriver.

Dans combien de temps il faudra faire un premier bilan du 12 50?
Au bout d'une semaine on pourra faire un premier bilan !

Quelle est la nature de votre contrat avec M6 ? Y-a-t-il une porte de sortie ?
C'est un CDI. J'ai deux enfants, je ne serais pas venue pour un CDD.

Un mot sur « Le 19 50 », Laurent Delahousse est dans les starting-blocks ?
Il doit l'être. Pour l'instant, on travaille tellement au lancement du «12 50» qu'on n'a rien de nouveau sur « Le 19 50 ». Maintenant je ne suis pas sûre d'être la personne la mieux informée sur ce sujet.

Vous n'êtes pas candidate ?
Non je ne suis pas sur le coup ! (rires)

M6 attend de voir les retombées du « 12 50 » en terme d'audience avant de prendre une décision sur « le 19 50 »?
Je ne pense pas que « le 12 50 » serve de test. Mais si ça marche bien, j'espère que ça donnera envie à la direction de la chaîne de lancer une édition en access.

Robert Namias, le patron de l'info de TF1, déclarait dimanche 15 janvier dans le JDD être déjà en train de réfléchir aux dispositifs des présidentielles de 2007. Et vous ?
Ola ! Pour l'instant la rédaction a le nez dans le guidon pour le lancement. Nous avons pensé à des débats possibles pour la rentrée 2006. Mais, ce sont de vagues discussions et ce type d'émission conviendrait peut-être davantage pour les magazines.

C'est la mode de l'info. Canal + va recentrer sa grille autour de l'info, et va transformer en magazine d'info «Nous ne sommes pas des anges » avec laquelle vous serez en concurrence directe. Un coup dur ?
Pas du tout. Nous arrivons avec une assez bonne audience pour ce journal, que les autres chaînes se repositionnent ne me gène pas. C'est peut-être parce que j'ai passé quelques années sur une chaîne du câble mais je ne suis pas fascinée par l'audience. Je n'ai pas ce réflexe. J'essaye juste de faire le meilleur produit possible, après on verra...

Vous ne suivez pas les audiences de «Zone Interdite» ?
Ah si, ça je sais parce qu'on a explosé le compteur la semaine dernière! (rires)

On s'interroge sur la volonté de M6 de développer une rédaction...
La direction de M6 m'a fait part de sa volonté de développer son info. Sur la chaîne, il y a beaucoup de magazines d'info, plus que partout ailleurs. Je pense sincèrement que la chaîne veut faire grandir la rédaction. Après il faut mettre des moyens, on verra s'ils sont mis.

Combien de journalistes ont été embauchés pour ce journal ?
La rédaction de M6 compte 70 personnes dont 30 journalistes pour le JT. Il y a 11 bureaux locaux. Une personne a été embauchée pour le «12 50».

Ce développement va-t-il avoir des répercussions sur les magazines ? Les sujets seront-ils davantage produits en interne ?
La plupart des sujets des magazines sont faits en interne : tous ceux de «Capital» et la moitié de ceux de «Zone Interdite».

Quand vous regardez les sommaires de «Zone Interdite», n'avez-vous pas envie de sujets moins « tartes » ?
(rires) Qu'est-ce que vous appelez « tartes » ?

Et bien par exemple les deux dernières émissions : «Je construis ma maison : du rêve à la réalité » ou encore «Ma famille vit dans un château».
Et bien rassurez-vous, nous travaillons sur pas mal de sujets qui ne sont pas «tartes» du tout. Nous venons de les lancer, il faut au moins 6 mois pour qu'ils arrivent à l'antenne.

Les sujets que vous présentez aujourd'hui n'ont pas été commandés par vous ?
Non. «Mes» sujets vont commencer à être diffusés à partir de février. J'ai participé à la naissance du magazine qui sera diffusé dans trois semaines et dont je ne peux pas vous parler davantage.

Est-ce que d'autres éditions spéciales en public de «Zone Interdite», comme celle avec l'alcool, sont prévues ?
On a envie d'en faire d'autres ! Thomas Valentin nous y encourage. Maintenant, il faut trouver le bon sujet, le sujet le moins «tarte» pour reprendre votre expression ! (rires)

Vous êtes au centre d'un large plan médias. Est-ce que la médiatisation de M6 vous pèse ?
Dans la mesure où ça ne touche pas la presse people, ça m'est égal !

Et enchaîner les interviews ça vous plait ?
C'est un peu fatiguant. Ca fait quinze jours que ça occupe une bonne partie de mes journées.

Vous préférez poser ou répondre aux questions ?
Je préfère en poser, sans hésiter ! Je n'aime pas trop répondre aux questions.

Etre une bonne intervieweuse aide-t-il à esquiver certaines questions ?
Non, plus les interviews passent, plus je suis rodée. J'ai l'impression qu'on va retrouver partout les mêmes phrases ! (rires)

La langue de bois a-t-elle de la place dans vos réponses ?
Parfois oui ! (rire) Je réponds à toutes les questions et je défends ce journal auquel je crois. Alors parfois, on arrondit les angles.

 

Interview publiée le 23 janvier 2006 sur le site imedias.biz

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