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03 octobre 2005

Gérard Holtz : "J'espère apporter mon expérience"

Retour gagnant. Après son passage au 13 heures en 2000/2001, Gérard Holtz avait quitté le devant de la scène médiatique. Depuis le dimanche 11 septembre, il est de retour à la tête de Stade 2. Magazine, qu'il avait déjà présenté de 1985 à 1992. A 58 ans, l'animateur revient donc dans la lumière du service des sports. C'est avec sa « pêche » habituelle qu'il a répondu aux questions d'imédias. Entretien inédit.

Imedias : Cette nomination a été rendue publique quelques jours après le lancement de la grille de rentrée. Elle a été décidée au dernier moment ?
Gérard Holtz : Non. Daniel Bilalian (le directeur du service des sports de France Télévisions) m'avait dit en juin qu'il avait « une idée » pour moi à la rentrée et qu'il fallait que je me repose pendant les vacances. Cette idée lui trottait dans la tête depuis un petit moment. Mais il appartenait à la nouvelle direction de prendre cette décision. Patrick de Carolis a pris ses fonctions le 22 août. Le temps d'avoir son accord, de prévenir Laurent Luyat et François Brabant, d'informer la rédaction... La décision n'a pas pu en effet être annoncée avant la rentrée.

Votre retour est inattendu. Vous occupiez un placard l'année dernière...
J'ai présenté le Téléthon, le Dakar et Roland Garros : cela n'a rien d'un « placard ». En tout cas, je souhaite à tout le monde d'occuper un « placard » comme cela ! (rire) Mais effectivement je ne m'attendais pas à revenir à « Stade 2 ». Je retrouve les équipes avec lesquelles j'ai travaillé il y a 10 ans et beaucoup de jeunes journalistes. J'espère apporter mon expérience de présentateur et laisser s'exprimer ce regard jeune. Dans mon bureau, il y a une grande publicité d'un équipementier de sport. L'affiche comporte une photo d'une danseuse sur laquelle est inscrit : « L'extase de pouvoir progresser chaque jour ». C'est tout à fait mon état d'esprit.

Après les jeux Olympiques de 2004, la question de la place des reportages dans « Stade 2 » avait été l'objet d'une polémique. Vous êtes un peu bavard par nature. Le nombre de sujets va-t-il diminuer ?
Je refuse l'étiquette de « bavard », je ne le suis pas. J'aime bien expliquer les choses, les vulgariser, mais ce n'est jamais du bavardage. A propos des reportages, il y en aura plus. Le lundi matin, lors de la conférence de rédaction, je commande beaucoup de sujets et j'essaie d'en diffuser le maximum. Les passionnés de sports n'attendent pas le dimanche 18 heures pour avoir les résultats du week-end. Il faut donc proposer autre chose. Je suis très heureux par exemple d'avoir diffusé la semaine dernière un sujet sur les Afghanes et le sport.

Au risque de faire chuter l'audience ?
Et bien détrompez-vous, c'est un des sujets qui a le mieux marché du magazine. Et les gens qui ont été captés par ce reportage sont restés après... en moyenne on a fait 2.256.640 téléspectateurs et 18.9% de part de marché alors qu'il y avait en face de nous un Grand Prix de Formule 1 (où Fernando Alonso a été sacré Champion du monde) et la finale de l'Euro de basket. C'est un bon score et nous allons donc dans la bonne direction.

Quand vous étiez au «13 Heures », vous présentiez souvent le journal sur le terrain. Allez-vous déplacer le plateau de « Stade 2 » sur les pistes du Dakar par exemple ?
On le fait tous les ans à Roland Garros mais j'aimerais bien multiplier ces déplacements.

Depuis que vous avez quitté la présentation du magazine en 1992, le sport a changé. L'offre de sport à la télévision aussi. Avez-vous peur de ne pas retrouver vos marques ?
Non, car moi aussi j'ai changé. Je suis resté proche de la rédaction des sports, j'ai donc vu évoluer le sport. La seule chose qui a changé c'est que les journalistes avec qui je travaille maintenant me regardaient à la télévision quand ils étaient jeunes. On ne m'appelle plus « Gérard » mais « Monsieur ». (rires)

L'événement sportif de la saison, c'est la coupe de monde de football. Elle sera intégralement diffusée sur TF1. Est-ce frustrant d'être absent de cette compétition ?
Mais nous n'allons pas être « absent » du mondial de football ! Nous serons sur place et nous ferons de nombreux sujets. On n'a pas besoin de retransmettre les matchs pour parler intelligemment de la coupe du monde. France Télévisions n'a pas les droits de la coupe du monde de football mais ne manque pas pour autant d'évènements sportifs. Nous couvrirons l'intégralité des JO de Turin en février. Il y a le tournoi des 6 Nations de rugby, les grandes compétitions de vélo (dont le Tour de France), beaucoup de tennis avec Roland Garros, bien sûr, mais aussi la Coupe Davis et la Fed Cup... Nous ne manquons pas d'exclusivités.

A votre arrivée au « 13 Heures » de France 2, vous aviez pris la place de Carole Gaessler et Rachid Arhab. Cette année vous remplacez un autre couple, François Brabant et Laurent Luyat. Vous êtes un briseur de ménage ?
Non ! (rire) Je n'avais pas remarqué ! Mais vous savez Carole et Rachid ne sont pas ensemble dans la vie. Et Laurent et François non plus !

Plus sérieusement, que vont devenir François Brabant et Laurent Luyat ?
François Brabant reste dans l'équipe de « Stade 2 ». Il est, avec Dominique Le Glou, le rédacteur en chef du magazine. Et Laurent Luyat présentera des évènements spéciaux, comme le Dakar par exemple.

Un mot sur le « 13 heures ». En 2000, vous aviez tenté de mettre place une nouvelle formule qui n'avait pas fonctionné. Quel regard portez-vous sur la formule actuelle du journal ?
Elle est bonne. Pour qu'Elise Lucet réussisse, elle doit être soutenue par une équipe. Cela n'a pas été mon cas. Je me souviens que j'avais commandé un sujet en octobre 2000 sur un fromage. Il m'avait été livré en avril ! C'était donc un peu compliqué... C'est pour cela que j'ai démissionné.

Vous avez 58 ans, vous êtes plein d'énergie. Votre retour à « Stade 2 » veut dire que vous n'allez pas prendre votre retraite.
La quoi ? (rire) Je la prendrai à 112 ans. Pas avant !

Interview publiée le 3 octobre 2005 sur le site Imédias.biz

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