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11 avril 2005
Philippe Labro : Direct 8, "une aventure incroyable et un projet inédit"
Le 31 mars la TNT était lancée. Dorénavant le réseau hertzien permet de capter 14 chaînes de télévision. Parmi elles, Direct 8 a été créée de A à Z. Philippe Labro, le Vice Président de Direct 8, répond à nos questions.Imédias : Direct 8 a été lancé il y a une semaine. Quel est le tout premier bilan ?
Philippe Labro : Le bilan est globalement positif. Il n'y a pas eu de problèmes techniques. Tout fonctionne. Sur le plan des programmes, là aussi ça roule bien. Nous sommes heureux de constater que les 16 heures de nouveaux programmes créés sont conformes à nos attentes. D'un point de vue des audiences, nous n'en avons pas encore. Mais le bouche-à-oreille est bon. Je suis également satisfait de certains rendez-vous qui incarnent l'esprit de la chaîne. L'info, faite par une douzaine de journalistes inconnus qui assurent le Morning, les flashs infos, J'aimerais comprendre remplissent parfaitement leur mission. Lors du décès du pape, ils ont pu, avec notre manque de moyens car nous ne disposons pas d'envoyés spéciaux dans le monde entier ni de satellites, jouer leur rôle et intervenir en direct quand il le fallait. On a déjà un paquet de concepts, améliorable évidemment, mais qui déjà correspondent à ce que nous souhaitons faire. Face à Alain Minc, par exemple, marche très bien.
La grille sera-t-elle retravaillée pour septembre ?
Il y aura sans doute avant cela une grille d'été. On a mis en place une grille de départ dans laquelle il y a déjà une colonne vertébrale qui sera conservée. J'ai lancé une émission sur les livres le vendredi à 21 heures. A cette heure là, aucune autre chaîne n'ose le faire parce que, même sur le service public, on ne parle des livres que vers 23h50. Il n'est évidemment pas question qu'elle s'arrête en septembre. De même que le rendez-vous politique Le Grand 8 continuera autant que durera la chaîne. Celle de dimanche dernier avec Elisabeth Guigou a été très bonne. Elle a balancé deux ou trois phrases très fortes dont une est reprise à la page 11 du Parisien. Aucun autre journal n'a repris ces propos : ils n'ont pas encore compris qu'il fallait nous regarder !
Vous semblez très motivé par cette chaîne ?
Je le suis. C'est exaltant ! J'ai tout fait dans ma vie, de la presse écrite, de la radio, de la télé, de la pub, des chansons, du cinéma, des romans... Je pourrais tout arrêter. Mais cette aventure est incroyable et le projet inédit. Ce qui me motive aussi c'est de voir des gamins, des inconnus, une génération nouvelle prendre en main une chaîne.
C'est un challenge assez risqué financièrement. Direct 8 ne sera rentable qu'à long terme. Prendre des jeunes n'est-ce pas prendre encore plus de risque ?
Ce sont des risques calculés. Vincent Bolloré est un industriel, il ne jette pas son argent par les fenêtres. Il faut arrêter de dire n'importe quoi !
Vous êtes très attendus notamment par les journalistes.
Oui je sais. C'est pour ça que je suis un peu enflammé quand je vous réponds. Et puis il y a tellement de « médias sceptiques » comme il y avait eu les « euro sceptiques » qui voient toute nouvelle entreprise avec le simple regard de la critique et de l'ironie. C'est tellement simpliste de ne voir que les petits côtés qui peuvent prêter à dérision.
Comprenez-vous ce scepticisme ?
Oui mais j'en ai marre. Tant mieux qu'il y ait 14 chaînes ! On prend un risque important et cela prendra du temps pour transformer et modifier ce qui doit l'être.
Vous avez parié sur le direct. Aujourd'hui les nouvelles chaînes de la TNT ont-elle besoin d'une spécificité pour exister ?
Oui. Nous avons une identité forte, un format. Mais à partir de là, les émissions doivent être identitaires et s'installer. Le succès de Direct 8 est lié au succès de la TNT. Il se fera à mesure où les français auront accès à cette technologie.
Vous avez un emploi du temps de ministre. Quand trouvez-vous le temps de siéger au conseil de surveillance de RTL ?
A RTL, j'ai juste 4 réunions par an. Le reste du temps on communique beaucoup par téléphone, par mail ! J'essaye de les aider quand ils ont besoin de mes conseils. C'est une question d'organisation. Là, c'est le coup de chauffe avec le démarrage de la chaîne. Il y a trois mois dans l'immeuble il n'y avait pas un câble de posé et là on a une chaîne de télévision avec 2 régies, 2 plateaux, un nodal, deux salles de rédaction, ça occupe. Il faut se mettre en place. Déjà cette semaine je commence à avoir un peu plus de temps pour m'occuper de deux ou trois autres choses. Je suis entrain de commencer l'écriture d'un nouveau livre
Vous allez faire de l'antenne sur Direct 8, vous animerez Blog-Notes tous les mercredis soirs. En parallèle, vous présentez deux rendez-vous mensuels sur France 3 : Ombre et lumière et Légende. Est-ce compatible ?
Oui je continuerais tant que Vincent Bolloré me le permet. Il me laisse une grande liberté et il sait très bien que la TNT n'est pas regardée par des millions de gens et pour l'instant personne ne m'a posé la question.
Dans votre dernier roman, «Tomber sept fois, se relever huit», vous faisiez état de votre dépression. Votre engagement dans Direct 8 représente-il cette huitième phase ?
J'ai écrit ce chiffre par hasard. Quand j'ai trouvé ce proverbe japonais, je ne savais pas que quelques temps plus tard le chiffre 8 serait un rayon de soleil dans ma vie. J'avais déjà fait ma thérapie grâce à l'amour de ma famille, de mes enfants. Tout cela est derrière moi...
Interview publiée le 11 avril 2005 sur le site imedias.
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